fév 2026
Quels sont les enjeux de réduction de consommation des établissements de santé ?
Cet article aborde les chiffres du secteur de la santé et ses principaux enjeux, les réglementations mises en place par le gouvernement pour réduire les consommations, et enfin les solutions d’efficacité énergétique de rénovation énergétique pour ces bâtiments.
Sommaire :
- 1. Introduction
- 2. Hôpital, clinique, EHPAD : un secteur aux établissements énergivores
- 3. Une réglementation des établissements de santé en faveur des économies d’énergie
- 4. Des outils pour aider les établissements de santé à maitriser leur coût énergétique
- 5. Aller plus loin dans l’amélioration de l’efficacité des établissements de santé grâce à la rénovation énergétique
- 6. Conclusion
Introduction
La maîtrise de la consommation énergétique est un enjeu majeur dans tous les secteurs d'activité, et les établissements de santé ne font pas exception. Ces derniers ont une empreinte écologique significative en raison de leur fonctionnement intensif et de leurs besoins énergétiques élevés pour soigner les patients. La mise en place de mesures visant à améliorer leur efficacité énergétique est non seulement bénéfique pour l’environnement, mais également pour leurs finances.
Hôpital, clinique, EHPAD : un secteur aux établissements énergivores
En raison de leurs activités 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, et de la criticité des usages, les établissements de santé et médico-sociaux figurent parmi les bâtiments tertiaires les plus énergivores.
En France, le secteur de la santé compte environ 39 000 établissements médico-sociaux, dont environ 7 400 EHPAD, et 48 000 établissements sanitaires. Selon le dernier bilan OPERAT de l’ADEME, les établissements de santé qu’ils soient publics ou privés, représentent plus de 75 millions de m² déclarés et environ 20 % des consommations du secteur tertiaire déclarées sur la plateforme. Les consommations proviennent notamment des équipements médicaux, de la climatisation, du chauffage, du circuit des eaux, de l'éclairage et des systèmes de ventilation.
Au-delà des volumes consommés, plusieurs enjeux opérationnels rendent la baisse des consommations plus complexe que dans d’autres segments tertiaires ;
- La continuité d’activité est prioritaire, avec des bascules possibles sur des systèmes de secours et des groupes électrogènes, qui peuvent augmenter la consommation lors des tests et en fonctionnement dégradé ;
- Le confort et la qualité d’air doivent impérativement rester élevés pour les patients, les résidents et les équipes ;
- Enfin, la gestion multi-sites et l’hétérogénéité du parc compliquent parfois le pilotage et la priorisation des investissements.
Par ailleurs, les exigences réglementaires renforcent le besoin de trajectoires de réduction des consommations claires et mesurables.
Dans ce contexte, les établissements de santé doivent trouver comment conjuguer trajectoire de réduction de la consommation, respect des réglementations et adoption de pratiques plus durables. Comme nous allons le détailler ensuite, les solutions peuvent inclure l’adoption d’outils de suivi énergétique, l'utilisation de technologies plus économes en énergie ou l'optimisation des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation. La sensibilisation du personnel aux bonnes pratiques de gestion de l'énergie est aussi à valoriser.
Une réglementation des établissements de santé en faveur des économies d’énergie
Pour obliger les établissements de santé à mettre en place des protocoles d'utilisation économes en énergie, tels que l'extinction des équipements lorsque cela est possible, la mise en veille lorsque les appareils ne sont pas utilisés, et la maintenance régulière pour assurer leur efficacité, l’État met en place des réglementations claires.
- Le décret tertiaire : trajectoire de réduction des consommations d’énergie
Le décret tertiaire s’applique à des bâtiments ou de parties de bâtiments à usage tertiaire d’une surface supérieure à 1 000 m².
- En valeurs relatives, le décret tertiaire repose sur l’objectif d’atteindre une trajectoire de réduction des consommations d’énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, par rapport à une année de référence.
- Il est également possible d’opter pour une approche en valeurs absolues basée sur des seuils de consommation à atteindre (en kWh/m²/an), définis par typologie d’activité. Des seuils 2030 pour la catégorie « Santé », déclinée en sous-catégories.
Cette obligation implique aussi de déclarer chaque année sur la plateforme OPERAT, les données nécessaires à l’édition d’une attestation qui récapitule le périmètre déclaré, les consommations d’énergie de l’année, ainsi que le positionnement du bâtiment par rapport à la trajectoire fixée par les objectifs.
- Le décret BACS : automatisation des systèmes techniques du bâtiment
Pour renforcer l’objectif de réduction des consommations, le décret BACS (Building Automation & Control Systems) oblige certains bâtiments tertiaires à mettre en place un système de GTB (gestion technique du bâtiment) ou GTC (gestion technique centralisée), avant le 1ᵉʳ janvier 2025 pour les bâtiments d’une puissance de plus de 290 kW et avant le 1ᵉʳ janvier 2030 pour les bâtiments d’une puissance comprise entre 70 kW et 290 kW, suite à une évolution du calendrier réglementaire.
Néanmoins, même les établissements de santé qui ne sont pas encore concernés par cette obligation réglementaire, ont tout intérêt à s’équiper dès à présent de ces outils, afin d’anticiper les futures exigences et d’atteindre durablement leurs objectifs de performance énergétique.
- Loi DDADUE 2025 : audit énergétique et Système de Management de l’Energie (SME) ISO 50001
En complément de ces obligations, la loi DDADUE du 30 avril 2025 renforce les obligations d’efficacité énergétique des entreprises énergivores.
Concrètement, si la consommation annuelle moyenne d’énergie finale d’une entreprise dépasse 2,75 GWh par an sur les trois dernières années, elle doit se mettre en conformité. Deux options : soit réaliser un audit énergétique réglementaire, soit mettre en place un système de management de l’énergie (SME) certifié ISO 50001. La certification ISO 50001 est même rendue obligatoire pour les entreprises dont la consommation dépasse 23,6 GWh par an.
Cette approche peut donc concerner les opérateurs d’établissements de santé, dont l’activité est structurellement énergivore, et qui peuvent franchir les seuils fixés par la loi DDADUE indépendamment de la surface de leur parc immobilier.
Des outils pour aider les établissements de santé à maitriser leur coût énergétique
Grâce à des outils de monitoring et de pilotage énergétique, les établissements de santé peuvent mieux comprendre, maîtriser et réduire durablement leurs consommations d’énergie :
- Mesurer et optimiser les consommations : Le suivi précis des consommations, la détection des dérives et l’analyse des usages constituent une première étape essentielle. Ils permettent d’optimiser les consommations et les factures énergétiques, de définir des actions prioritaires, et de documenter les gains réalisés. Des outils de monitoring énergétique, comme l’iBoard de Datanumia, centralisent les données énergétiques et aident à identifier des gisements d’économies d’énergie, avec des gains pouvant atteindre jusqu’à 15 % sans travaux.
- Déployer un pilotage par zones : La mise en place d’une gestion technique du bâtiment (GTB) permet de suivre, réguler et optimiser les équipements techniques en temps réel. Le pilotage par zones est particulièrement adapté aux établissements de santé, où les besoins varient fortement entre chambres, blocs opératoires, zones techniques, bureaux et circulations. Avec des solutions, comme le BMS de Datanumia, les équipements tels que le chauffage, la climatisation ou l’éclairage sont supervisés via une interface centralisée, facilitant la détection rapide des anomalies et la prise de décisions éclairées.
- Améliorer le confort des occupants : Les GTB contribuent aussi à améliorer le confort des occupants des établissements de santé. Les paramètres tels que la température, l’éclairage, ou même l'humidité peuvent être contrôlés et ajustés de manière centralisée pour répondre aux besoins des patients et du personnel. Cela permet de créer un environnement de soins plus agréable et propice à la guérison.
- Renforcer la sécurité des établissements : Les systèmes de sécurité, tels que les systèmes de contrôle d'accès, les alarmes incendie et les caméras de surveillance, peuvent être intégrés à la GTB pour assurer une supervision centralisée. Cette approche facilite la réactivité en cas d’incident et garantit la sécurité des patients, du personnel et des installations.
En se fixant des objectifs clairs d’économies d’énergie et en s’appuyant sur l’automatisation des installations, les établissements de santé affirment leur engagement en faveur de la durabilité, de la responsabilité sociale et de la préservation des ressources. Ces actions peuvent être complétées par des travaux de rénovation énergétique afin de renforcer durablement la performance globale des bâtiments.
Aller plus loin dans l’amélioration de l’efficacité des établissements de santé grâce à la rénovation énergétique
Les solutions de rénovation énergétique des établissements de santé jouent un rôle essentiel pour améliorer leur performance énergétique, réduire les coûts opérationnels et minimiser l'impact environnemental de ces infrastructures.
Depuis le 13 juillet 2005, le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) est proposé pour financer les travaux de rénovation énergétique de façon partielle ou totale. Ce dispositif peut soutenir des actions ciblées qui répondent à la fois à un objectif d’économies d’énergie et à une logique de mise en conformité, notamment au regard des trajectoires attendues dans le tertiaire.
Cette aide de l’État est éligible pour réaliser plusieurs types de travaux :
- L'amélioration de l'isolation thermique des bâtiments de santé permet de réduire les pertes de chaleur en hiver et les gains de chaleur en été. L'isolation des murs, des toits et des planchers peut être renforcée en utilisant des matériaux isolants performants. Cela contribue à réduire la dépendance aux systèmes de chauffage et de climatisation, limitant ainsi la consommation d'énergie.
- La mise à niveau des systèmes de CVC (Chauffage Ventilation Climatisation) est essentielle pour améliorer l'efficacité énergétique des établissements de santé. Cela peut inclure le remplacement des anciens équipements par des modèles plus efficaces, l'installation de systèmes de régulation automatique de la température et de la ventilation, ainsi que l'utilisation de technologies économes en énergie telles que les pompes à chaleur et les systèmes de récupération de chaleur.
- Le remplacement des anciennes sources d'éclairage par des luminaires à LED économes en énergie permet de réaliser des économies substantielles. De plus, l'utilisation de systèmes d'éclairage intelligents avec des capteurs de présence et de luminosité permet d'optimiser l'utilisation de la lumière naturelle et de réduire la consommation d'électricité en éteignant automatiquement les lumières dans les zones inoccupées.
On retrouve d’autres travaux éligibles aux CEE, liés à l’installation de pompes à chaleur (PAC) de type eau/eau ou air/eau, de GTB/GTC, de ventilation mécanique contrôlée (VMC) double-flux ou simple, et de raccordement à un réseau de chaleur.
Conclusion
Pour améliorer l’efficacité énergétique de ses bâtiments et réaliser des économies d’énergie significatives, le secteur de la santé doit mettre en place des actions concrètes en faveur de la transition énergétique.
Datanumia accompagne les établissements de santé en mesurant, pilotant et, améliorant leur performance énergétique, afin de maitriser et réduire les consommations grâce à des outils digitaux et à l’exploitation de la donnée.
L’iBoard, conçu pour un suivi multi-fluide et multisite, consolide les données, fiabilise le pilotage des consommations et aide à identifier des gisements d’économies, avec des gains annoncés pouvant aller jusqu’à 15 % via l’optimisation de l’existant et jusqu’à 25 % via des actions de rénovation.
Lorsque l’objectif est de passer du suivi à l’action au quotidien, notre solution Building Management System (BMS) permet de piloter les bâtiments à distance et de réduire les consommations en agissant directement sur les équipements, ce qui est particulièrement pertinent pour des usages continus comme les hôpitaux, cliniques et EHPAD.
Enfin, pour inscrire les résultats dans la durée, l’accompagnement en Energy Management s’appuie sur des Energy Managers certifiés IMPVP, afin de structurer la trajectoire énergétique et de transformer les contraintes réglementaires en leviers de performance.
Crédit photo : DIAS JEAN-LIONEL – PWP
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